CECIL 6 - janvier 2020

Le Numéro 6 des  Cahiers d’Études des Cultures Ibériques et Latino-américaines (CECIL) sortira en janvier 2020

Dossier thématique autour desContre-cultures en Amérique latine (A. Laran Allengrin - V. PItois Pallares coordinatrices)

Edito  (extrait)

Les mouvements contre-culturels surgissent au début des années soixante du XXe siècle comme une réaction contre la conception technologique, scientifique, matérialiste et mercantile du monde. D’après Théodore Roszak :

La contre-culture apparaît donc comme un abandon résolu de la longue tradition d’intellectualisme sceptique et laïque qui a été depuis trois siècles le principal véhicule de toute entreprise scientifique et technique en Occident.

Bien qu’une généalogie littéraire de cette réaction contre la pensée scientifique puisse être retracée bien avant l’après-guerre – par exemple, les avant-gardes du XXe siècle – l’antécédent le plus évident des mouvements contre-culturels des années soixante est clairement la Beat generation. La contre-culture combine la musique, les drogues, la littérature et les modes de vie alternatifs, mais reste un concept protéiforme et donc problématique. Communes, amour libre, hédonisme, drogues psychédéliques, mysticisme, errance, figurent parmi les traits distinctifs de la contre-culture ; le mouvement hippie en est l’expression la plus identifiable, bien que s’y imbriquent aussi bien les mouvements des droits civiques, les mouvements pacifistes, le féminisme, les gays et les lesbiennes, les écologistes. Si la contre-culture en tant que phénomène socioculturel est née aux États-Unis, elle s’est rapidement propagée en Amérique latine où, de façon inespérée, elle a trouvé une voie d’expression privilégiée dans la littérature, notamment dans le Mexique des années soixante et soixante-dix, avec la dénommée littérature de la Onda. Son plus célèbre protagoniste, l’écrivain mexicain José Agustín, considère que la contre-culture embrasse toute une série de mouvements et d’expressions culturels, pour la plupart de jeunesse, et collectifs, qui, depuis les marges, dépassent, réfutent et affrontent la culture institutionnelle.

Avec Andy Bennett, nous envisageons le concept de contre-culture « en tant qu’outil pour analyser et expliquer des catégories d’idées, des pratiques et des croyances anti-hégémoniques passées et présentes ». (...)

Roszak 1968, p. 168.

Agustín 1996, p. 129.

Bennett 2012, p. 20.

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