Axe 1 : Création, mémoires, patrimoines
Este congreso, que cierra el programa de investigación Translatio, acogido por la Casa de Velázquez, explora los márgenes del fenómeno de la traducción en la Edad moderna. Si bien se puede decir, con Umberto Eco, que traducir significa decir ‘casi la misma cosa’, toda la dificultad consiste en definir hasta qué punto la traducción se puede apartar de su modelo. La traducción nunca es pura y simplemente tal, sino que siempre tiene algo de adaptación, paráfrasis, glosa, comentario y, por decirlo con un término más genérico, interpretación –términos todos usados, en el medioevo, en concurrencia con el de “traducción”. Una historia de la traducción durante la Edad moderna tiene que contemplar, pues, toda una gama de posibles casos-límite. Un par de ejemplos entre muchos: la adaptación en endecasílabos blancos del Leandro de Museo por Juan Boscán, traductor fiel del Cortesano de Castiglione (1534); el engaste en la Vida del glorioso san José (1604) de José de Valdivielso de pasajes del De partu Virginis de Sannazaro traducido por Gregorio Hernández de Velasco. En el ámbito de las obras poéticas breves, la diferenciación entre traducción y simple imitación se hace más ardua aún, como lo demuestran los innumerables sonetos y canciones, cuyos primeros versos son a veces calcos de los versos del poeta de Laura –o de sus imitadores italianos– y que después, al paso de las estrofas, derivan hacia una libertad cada vez mayor. Todo lo cual contribuye a explicar que haya habido que esperar casi hasta el siglo XVII para lograr una traducción completa del Canzoniere de Petrarca –la de Enrique Garcés, de 1591–, y desde una provincia alejada del corazón italiano de la galaxia del petrarquismo europeo, el Perú. Otros casos-límite son las reescrituras de obras a partir de traducciones. Un buen ejemplo lo brinda la gama variada de traducciones observable en la obra de Francisco de Quevedo, traductor, por un lado, de Epicteto y Focílides en español con consonantes (Madrid, 1635), del Anacreón castellano, de ambos Sénecas o, del italiano, del Rómulo de Malvezzi (1632), mientras que ofrece una verdadera reescritura del Marco Bruto de Plutarco (1644), y, entre ambas modalidades, parafrasea el Cantar de los Cantares en sus Lágrimas de Jeremías castellanas. ¿Dónde situar los límites de la traducción durante la Edad moderna? Determinar estos límites significa asumir que la traducción es un hecho histórico que contemplamos también desde los debates contemporáneos sobre el acto de traducir. En este sentido, la traducción de los clásicos permite explorar la evolución en la temprana modernidad de lo que es un texto, con nuevas formas de conciencia autorial y editorial.
Traduction :
Ce congrès, qui clôt le programme de recherche Translatio, accueilli par la Casa de Velázquez, explore les limites du phénomène de la traduction à l'époque moderne. Si l'on peut dire, avec Umberto Eco, que traduire signifie « dire presque la même chose », toute la difficulté consiste à définir dans quelle mesure la traduction peut s'éloigner de son modèle. La traduction n'est jamais pure et simple, mais comporte toujours une part d'adaptation, de paraphrase, de glose, de commentaire et, pour employer un terme plus générique, d'interprétation – tous ces termes étant utilisés au Moyen Âge en concurrence avec celui de « traduction ». Une histoire de la traduction à l'époque moderne doit donc envisager toute une gamme de cas limites possibles. Voici deux exemples parmi tant d'autres : l'adaptation en vers blancs de Leandro de Museo par Juan Boscán, traducteur fidèle du Cortesano de Castiglione (1534) ; l'insertion dans la Vida del glorioso san José (1604) de José de Valdivielso de passages du De partu Virginis de Sannazaro traduit par Gregorio Hernández de Velasco. Dans le domaine des œuvres poétiques courtes, la distinction entre traduction et simple imitation est encore plus difficile à établir, comme en témoignent les innombrables sonnets et chansons dont les premiers vers sont parfois calqués sur ceux du poète de Laura – ou de ses imitateurs italiens – et qui, au fil des strophes, dérivent vers une liberté toujours plus grande. Tout cela contribue à expliquer pourquoi il a fallu attendre presque jusqu'au XVIIe siècle pour obtenir une traduction complète du Canzoniere de Pétrarque – celle d'Enrique Garcés, en 1591 – et ce, depuis une province éloignée du cœur italien de la galaxie pétrarquiste européenne, le Pérou. D'autres cas limites sont les réécritures d'œuvres à partir de traductions. La diversité des traductions observables dans l'œuvre de Francisco de Quevedo en est un bon exemple. Il a traduit, d'une part, Épictète et Phocylide en espagnol avec des consonnes (Madrid, 1635), Anacréon en castillan, les deux Sénèque ou, de l'italien, Romulus de Malvezzi (1632), tandis qu'il propose une véritable réécriture du Marcus Brutus de Plutarque (1644) et, entre les deux modalités, paraphrase le Cantique des Cantiques dans ses Lágrimas de Jeremías castellanas. Où situer les limites de la traduction à l'époque moderne ? Déterminer ces limites signifie considérer la traduction comme un fait historique que nous abordons également à partir des débats contemporains sur l'acte de traduire. En ce sens, la traduction des classiques permet d'explorer l'évolution, au début de l'époque moderne, de ce qu'est un texte, avec de nouvelles formes de conscience autoriale et éditoriale.



